Crise de l’abordabilité des logements: et si on réfléchissait aux solutions à plus long terme ?

On est gâté cette semaine dans les médias, pour ceux et celles qui s’intéressent à la crise du logement, à son abordabilité et en particulier au développement du logement hors marché privé.

Depuis le début de la crise, on a mis beaucoup l’emphase sur la construction rapide (par le marché privé) de logements, notamment par l’implantation de nouveaux pouvoirs municipaux (exemple du 1er article Le Devoir sous la plume de Zacharie Goudreault, « Un «superpouvoir» en habitation pour les villes, mais à quel prix?« ), mais on remarquera qu’en plus de questionner la qualité urbanistique (l’implantation des immeubles), la qualité et les défis contemporains de l’architecture, par une nécessité d’avoir des bâtiments durables plus résilients aux changements climatiques, ce boom immobilier des derniers mois n’est pas une panacée pour atteindre une abordabilité à court et moyen terme. Et cela même si le taux -moyen- d’inoccupation dépasse le seuil d’équilibre de 3% (2e article du Devoir sous la plume de Alex Fontaine, « Pourquoi les loyers ne baissent-ils pas au Québec? »).

Peu de gens jusqu’à récemment, osaient contester le « dogme » de la théorie économiciste du ruissellement en habitation se basant sur des contextes historiques de crise de l’offre. Le ruissellement laisse à penser que par la simple augmentation de l’offre (privé) on finira par atteindre une abordabilité, y compris pour les ménages des quintiles les plus pauvres. Le tout par une offre des logements moins chers libérés par les ménages mieux nantis déménageant dans de nouveaux logements.

Mais la crise de l’abordabilité devenue beaucoup plus structurelle que conjoncturelle ne pourra se régler par le marché privé, du moins pour les ménages des premiers quintiles (3e article dans La Presse aujourd’hui sous la plume de Vincent Brousseau-Pouliot « Non, le marché ne règlera pas la crise du logement »).

Dans cet article, on fait mention de l’importance d’augmenter la part de logements sans but lucratif. Les acteurs de ce secteur de l’habitation ne peuvent que se réjouir que ce segment soit de moins en moins méconnu, si bien que plusieurs acteurs municipaux (Villes, MRC, CMM) voient d’un bon oeil maintenant d’embrasser une cible de 20% de logements locatifs hors marché sur leur territoire.

Si ce segment de l’habitation répond de manière durable à un maintien de l’abordabilité dans le temps, puisqu’il est à l’abri des affres que le marché privé peut faire subir au coût du logement, il en demeure que dans bien des cas, du moins au départ, les loyers imposés restent souvent inaccessibles pour les ménages les moins fortunés si ces logements ne sont pas jumelés avec une aide supplémentaire.

En plus d’augmenter cette part du marché en renforçant le secteur sans but lucratif, il faudrait donc du moins pour un certain temps, fournir de l’aide aux ménages les plus démunis (sous forme de supplément au loyer ou autre mécanisme), pour que non seulement ces ménages aient un toit sécurisé dans le temps sans peur d’éviction par leur propriétaire, mais également pour que leur loyer soit abordable selon leurs revenus.

Richard Ryan

Consultant en logement abordable

Conseiller auprès du milieu municipal

Le 30 juillet 2026

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Auteur : Richard Ryan

Consultant en habitation abordable

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